Petite Reine
Par delà le champ de bataille,
Derrière la zone de feu,
Quand les obus et la mitraille
Sifflent, en croisant dans l’air bleu
Leurs rigoureuses trajectoires ;
Quand la mêlée aux rangs pressés,
Sous l’aile ardente des victoires,
Grouille autour des corps entassés,
Une frêle et noble infirmière
Aux yeux tendres, au cœur viril,
Vaque à sa tâche coutumière,
Insoucieuse du péril.
De ville en ville, avec vaillance,
Elle a suivi tous les combats,
Et d’ambulance en ambulance
Disputé sa proie au trépas.
Elle vient à qui la réclame,
A son aspect l’espoir refleurit,
Et d’ambulance en ambulance
Disputé sa proie au trépas.
Elle vient à qui la réclame,
A son aspect l’espoir refleurit,
Et son sourire est un dictame
Qui réconforte et qui guérit.
Elle sait le mot qui fait vivre
Malgré les cruautés du sort,
Elle sait le mot qui délivre
Et rend moins amère la mort.
Sa main panse, sa voix console,
Tout subit son charme apaisant ;
Et c’est son cher nom qui s’envole
Des lèvres de l’agonisant.
Petite Reine qui naguère
De ton palais familial,
Pour soigner les maux de la guerre,
Avais fait un vaste hôpital,
Toi, qui, souriante et sereine
Comme l’étoile du matin,
Dresse ta grâce souveraine
Devant les assauts du destin,
Dont la douce pitié se penche
Sur le front pâle des mourants
Et qui calmes de ta main blanche
La fièvre aux accès délirants,
Toi, que l’Univers entier prône,
- Héroïne sans le savoir –
Et qui mets la gloire du trône
Au-dessous de l’obscur devoir,
Toi, dont la tendresse infinie
A des trésors inépuisés,
Petite Reine, sois bénie
Au nom de tous les cœurs brisés !
~ A. Vierset.
I will post a translation in the comments box.
(Image: old postcard of Queen Elisabeth and Princess Marie-José)

