Saturday, February 7, 2009

Queen Astrid Through Her Father's Eyes

In his memoirs, Dix-huit ans auprès du Roi Léopold, Count Robert Capelle, former secretary of King Leopold III of the Belgians, quotes a description of Queen Astrid by her father, Prince Carl of Sweden. It is a lovely, touching portrayal, and one which accords with every other description of Astrid I have seen. 

Il n'est pas échu à Astrid d'avoir une vie longue, elle était trop bonne pour ce bas monde; mais toute sa vie, comme épouse, mère, et reine, encore qu'elle ait été courte comme notre été nordique, a été une preuve rare et brillante de la vérité des paroles que son père adressait à la mariée de vingt ans. Car, durant sa vie entière, elle a été le même être au coeur pur, dévoué, franc qu'elle était pendant son enfance et sa jeunesse; aussi a-t-elle été vraiment aimée comme un être humain ne l'a jamais été sur cette terre, et tous les bonheurs sont allés à elle, jusqu'à l'heure où son jeune coeur s'est brisé et où elle s'en est allée dans l'éternité...

Pour répondre à son propre et ardent désir, Astrid fit ses études toute seule sans camarades. Nous lui proposâmes une vive et gentille fillette qui nous paraissait devoir lui convenir, dans l'espoir que celle-ci l'aiderait à surmonter sa timidité et à fortifier en elle-même le sentiment de sa propre valeur, mais elle demanda instamment à être seule avec sa jeune institutrice qu'elle aimait. Sa timidité native fut cause qu'elle eut de la peine, au début, à être à l'aise avec d'autres enfants et à se montrer tout à fait elle-même en leur compagnie. Ce fut la raison intime de sa prière, que nous n'osâmes pas repousser, bien que cela fût contraire à nos principes sur l'utilité des camarades dans l'enseignement.

La modestie de notre Astrid ne reposait nullement sur le contentement de soi et n'avait son fondement dans aucun autre défaut de caractère. Elle avait un coeur d'or; elle était considérée par tous comme une enfant admirable. Dans son enfance, elle était prompte aux larmes et, une fois qu'elle avait commencé à pleurer, le flot des larmes ne voulait jamais prendre fin. D'ailleurs, ses larmes n'étaient pas le fruit d'une sensiblerie, mais plutôt l'expression de son désespoir devant sa propre timidité, quand la cause n'en était point que sa mère chérie - Noni, comme l'appelaient les enfants - dût partir en voyage, ou encore que quelqu'un de ceux qu'elle aimait fût malade, ou que  quelque autre chagrin eût affligé son coeur sensible. Mais, par moments, elle pouvait aussi être d'une joie débordante. Ce n'était pas de tout une enfant maussade, mais simplement reservée, et son coeur désinteressé et affectueux s'ouvrit de plus en plus, à mesure que les années passaient et qu'elle commença à se dominer elle-même. Elle aimait tout le monde à sa façon discrète, et toute le monde l'aimait...

Si Astrid avait pu vivre et fêter ses noces d'argent comme sa mère le fit, je crois qu'elle serait devenue, après vingt-cinq ans, une épouse aussi rayonnante que sa mère l'avait été en son temps, et que le mari d'Astrid et leurs enfants n'auraient pas eu, non plus, moins de raisons que moi et mes enfants de la remercier et de la bénir alors, et de lui apporter le beau témoignage que j'ai, un jour, rendu à sa mère: "La Suède peut être fière de sa fille!"

Astrid was not granted a long life; she was too good for this base world. But all her life, as wife, mother, and queen, and especially as she was short-lived, like our Nordic summer, was a rare and brilliant proof of the truth of the words her father addressed to her, as a twenty-year-old bride. For, throughout her whole life, she was the same person, with a heart that was pure, devoted, and frank, as she was during her childhood and youth; and she was truly loved as no human being had ever been loved on this earth. She was granted every happiness, until the moment when her young heart broke and she departed into eternity...

In response to her own, ardent desire, Astrid pursued her studies alone, without companions. We suggested to her a lively, kind little girl who, as it seemed to us, would suit her, in the hope that this girl would help her to overcome her shyness and would strengthen her sense of her own worth; but she immediately begged to be alone, with her young teacher, whom she loved. Her natural shyness was the reason why she had difficulty, at first, in being at ease with other children and in being completely herself in their company. It was the intimate reason for her request, which we did not feel entitled to deny, although it was against our belief in the advantages of companionship in learning.

Our Astrid's modesty did not derive from self-satisfaction, and it was not based on any other fault of character. She had a heart of gold, everyone considered her a wonderful child. During her childhood, she wept easily, and, once she had begun to weep, the flood of tears would never end. But her tears were not the result of excessive sensitivity, but rather the expression of her despair in the face of her own shyness; when the reason was not the fact that her dear mother - Noni, as the children called her - had to leave for a trip, or that one of those she loved was ill, or that some other grief had pained her sensitive heart. But, at times, she could also overflow with joy. She was not at all a gloomy child, but simply reserved, and her disinterested and affectionate heart opened up more and more, as the years passed and she began to dominate herself. She loved everyone, in her discreet fashion, and everyone loved her...

If Astrid had been able to live and to celebrate her silver wedding, as her mother did, I am certain that she would have become, after 25 years, a wife as radiant as her mother had been in her time, and that Astrid's husband and their children would have had no fewer reasons than I and my children to thank and to bless her, and to render her the beautiful homage which I, one day, rendered her mother: "Sweden may be proud of her daughter!" 

3 comments:

Carloslandia said...

What a beautiful and amazing blog, its very happy to discover that there is still people believing in the greatness of monarchy.

Greetings

Ms. Lucy said...

What beautiful words from a father. It's very moving the way he speaks with such detail of her sensitivity- what a wonderful gift to her memory. Thanks.

Matterhorn said...

Carloslandia, thanks for visiting.

Yes, Lucy, it's lovely the way he speaks about her. Both father and daughter seem to have been wonderful people.